La Politesse Inter-Canine

*Spécial Dé-Confinement :
Votre chien retournera au parc à chien?*

Soyez prudents!   Après un arrêt des fréquentations au parc à chien, il se peut que certains chiens soient trop excités et intenses. Ceci pourra aisément irriter ou faire peur à d’autres et des conflits pourraient éclater. Certains chiens seront plutôt beaucoup plus timides et réservés à leur retour au parc et pourraient devenir sur la défensive. Pour éviter des conflits :
– Votre chien est du genre actif? Assurez-vous de bien fatiguer votre chien AVANT les premières visites au parc après quelques mois de pause. Un bon jeu de tug (tiraillade) juste avant permettra de sortir le trop plein d’énergie et pourra aider un chien trop excité à réussir des meilleurs contacts au parc, réussir à demeurer poli malgré son excitation. N’hésitez pas à le rappeler, sortir du parc et le récompenser, faire un tour en laisse pour lui donner une pause, peut-être jouer encore à tirailler avec vous à l’extérieur, faire une marche plus calme et retourner au parc si tout va bien. Mieux vaut plusieurs visites au parc plus courtes mais qui finissent bien plutôt que de rester trop longtemps et finir avec un conflit entre chiens.
–  Si votre chien est plutôt timide et calme, faites des tours en laisse à l’extérieur du parc et observez votre chien. A-t-il le goût d’aller au parc? A-t-il reconnu des copains et démontre clairement dans son langage corporel qu’il a hâte de les approcher? En cas de doute, faites plusieurs sorties autour du parc sans y rentrer, jusqu’à ce que votre chien vous indique clairement qu’il a hâte d’y aller. (** Si votre chien semble avoir des réactions exagerées à la vue d’autres chiens, le webinaire sur la Réactivité pourra vous outiller!)
– Avant d’entrer au parc à chien prenez le temps d’observer ce qui s’y passe. S’il y a trop de chiens, revenez à un autre moment. Il est rare que l’atmosphère soit bonne à plus de dix chiens dans un parc trop petit. Les chiens n’aiment pas être tassés, bousculés. Observez comment vont les chiens au parc? Est-ce qu’un des chiens en fatigue d’autres? Y a-t-il des chiens trop surexcités? Y a-t-il des chiens nerveux, sur la défensive? Y a-t-il des propriétaires qui crient, chicanent des chiens? En cas de doute, allez vous promener plus loin et revenez plus tard. Recherchez une atmosphère détendue et joyeuse pour tous.

Étant donné que le virus circule malheureusement encore (surtout dans la région de Montréal!), évitez de flatter les chiens des autres : c’est pire que de serrer la main à quelqu’un car on ne peut laver un chien aussi bien que nos mains! Les gens dorment avec et toussent dans le pelage de leurs chiens: leur fourrure peut être une surface porteuse de virus. Il n’y a pas encore eu d’études à ce sujet mais il est logique de supposer que le virus peut y demeurer quelques heures, comme sur d’autres surfaces. Utilisez donc votre bon jugement.
Vous pouvez indiquer à un chien qui vous approche que vous lui envoyez des intentions amicales sans le toucher : clignez des yeux et parlez-lui gentiment avec sourire : il comprendra que vous êtes amicaux et sociable avec lui.

Il sera vraiment difficile de respecter un deux mètres sécuritaires entre humains s’il faut intervenir dans un conflit! Plus vous comprenez les communications des chiens, plus vous serez aptes à éviter les problèmes :

La Politesse Inter-Canine: Nos chiens sont des animaux sociables qui communiquent, jouent, se chicanent… Quand devrait-on s’inquiéter? Comment reconnaître si notre chien joue ou se chamaille? Quand intervenir et comment?

Nos sociétés sont remplies de règles et politesses qu’on nous apprend dès notre jeune âge. Nos chiens sont des animaux sociaux qui, comme nous, semblent bien avoir leur normes, lois et politesses. Il y a eu dans les dernières années des observations et études très utiles afin d’avancer nos connaissances du Langage Canin 101. Il semble bien que tous les chiens de la terre ‘parlent’ la même langue. Je vous invite à le connaître en vous référant aux articles gratuits de référence cités à la fin de ce texte. Connaître ce langage est primordial si on veut essayer de comprendre comment notre compagnon s’entend avec ses congénères et éviter des accidents. Souvent, on peut alors mieux saisir les motifs qui le poussent à avoir des réactions et comportements qui peuvent nous sembler agressifs, « dominants », nerveux… En utilisant la connaissance de son langage corporel, on peut mieux observer et répondre à des questions fréquentes telles : Les parcs à chiens sont-ils les bons endroits pour socialiser un chiot? Est-ce que ces deux chiens jouent ou se battent? A quel moment intervenir? Devrait-on intervenir?
J’aimerais partager avec vous des notions utiles à ce sujet, tout en commençant au début : au développement social d’un chiot.
Commençons par le développement social d’un chiot. Un bébé chiot se fait rarement corriger par les chiens adultes. Il peut occasionnellement se faire replacer lorsqu’il exagère : il s’agit souvent d’un apprentissage graduel, patient et doux qui ne ressemble en rien aux plaquages au sol encore recommandés par certains qui supposément tentent d’imiter la mère qui corrige un chiot. La qualité pédagogique des mères varie chez le chien comme chez l’humain et les chiennes saines d’esprit, équilibrées avec un bon instinct maternel sont calmes et encadrantes avec leurs chiots, sans violence et défoulement. Un excellent éleveur vous dira : une mère qui plaque au sol ses petits est peut-être malade, en douleur, est extrêmement stressée ou n’aurait pas dû être reproduite du tout.
Les bons éleveurs s’assurent que la maman puisse s’éloigner des chiots pour prendre des pauses. C’est important pour son bien-être, comme pour toutes les mamans. Une mère enfermée avec ses chiots sans endroit en hauteur où se mettre à l’abri pourrait perdre patience et s’irriter : ce n’est pas un comportement normal ni désirable. Un chien adulte équilibré s’éloigne simplement d’un chiot qu’il trouve trop turbulent. Ce genre de ‘discipline’ est mal reproduite par la plupart des humains. La mère intervient sans colère et elle apprend au chiot à se calmer, lire les messages de l’autre chien et acquérir des compétences sociales. Son ego ou sa position « hiérarchique » n’entre pas en jeu dans la pédagogie. Beaucoup de chiens adultes jouent doucement avec les chiots, se laissent tirer les oreilles et mordiller, tout en se faisant peu menaçants pour les plus timides ; on a observé des adultes feignant de remarquer et se laisser voler leur jouet ou os par un chiot plus timide, comme pour leur donner confiance en eux. Un grand chien s’handicape lorsqu’il joue avec un plus petit comme le faisait notre monocle préféré lorsqu’il se « bataillait » avec nous à cinq ans. On dirait bien qu’il existe une loi canine qui demande à chaque adulte équilibré d’être doux et patient avec un bébé chiot. Certains chiens adultes s’éloignent rapidement des chiots et semblent mal à l’aise : ils n’aiment pas se faire envahir par les petits peut-être car ça les inquiète, peut-être car ils ont une douleur. Il est bien de respecter cela et bien choisir quels chiens présenter à un chiot.

1) Igor et le petit Mabou : Igor est âgé et souffre d’arthrite ce qui rend douloureux les bondissements du chiot qui veut jouer. Igor préfère souvent s’éloigner ou se positionner hors portée de Mabou comme ici. Leurs humains veillent à ce qu’ils aient du plaisir ensemble sans que le chien âgé paie le prix de sa douceur.

Un chiot devrait, dès son jeune âge, être habitué à la présence d’autres chiens. Les cours de maternelle sont un des outils utilisés à cette fin, mais ils ne suffisent pas. Choisissez-les avec soin car trop de chiots finissent avec des mauvaises expériences qui peuvent les suivre à vie : un cours de maternelle peut être carrément dommageable si n’est pas supervisé par un professionnel bien renseigné et compétant. Les chiots ont besoin d’être en contact avec des chiens adultes, et non uniquement d’autres chiots. Sinon, ils risquent de grandir en croyant que tous les chiens de la terre existent pour jouer avec eux et auront de la misère à comprendre les refus d’interactions pourtant courantes et normales que lui présenteront certains chiens.
Le chiot et l’autre chien devraient être présentés dans un endroit spacieux où ils pourront se déplacer à l’aise, se cacher, se sauver, le tout sous surveillance. Un parc à chien peut être un bon endroit, mais je commencerais avec seulement quelques chiens plus tranquilles afin d’éviter un traumatisme. Une bonne habitude est de rester un peu à l’extérieur de l’enclos et d’observer les chiens à l’intérieur. Sont-ils polis? Jouent-ils correctement ou l’un d’entre eux nous semble trop envahissant? En cas de doute, on peut toujours revenir plus tard. Il vaut mieux éviter des chiens agressifs ou surexcités surtout les premières fois afin de donner une chance au jeune chiot de prendre confiance. Il est sage de commencer par des visites à la famille et aux amis qui ont des chiens équilibrés et en santé qui apprécient les chiots, les promener ou les laisser jouer dans la cour ensemble. Je suggère d’inviter le chien étranger dans notre cours chez le chiot plutôt que l’inverse car certains chiens adultes peuvent être plutôt « territoriaux » et sont plus agréables pour les congénères à l’extérieur. Lorsqu’on est incertains de ce que ça va donner comme rencontre, l’idéal est de prendre une marche dehors ensemble, en laisse, en parallèle : choisir un endroit avec pleins d’odeurs intéressantes et laisser une distance au départ entre les deux chiens va les aider à s’habituer à la présence de l’autre sans la pression d’interagir directement.  Les odeurs en chemin aident à réduire encore plus la pression de la rencontre. Après avoir marché en parallèle à bonne distance dans la même direction pour une vingtaine de minutes, on peut souvent graduellement rapprocher les chiens un de l’autre sans qu’il y a des réactions trop intenses.
Que ce soit au parc ou lors de rencontres un à un, il est primordial de ne pas forcer le chiot à rencontrer s’il est timide. Le forcer ne fera que lui confirmer que ces interactions sont stressantes et pourrait apprendre au chiot que s’il a peur, vaut mieux attaquer que se cacher. Donc, si votre chiot se cache en dessous de la table ou derrière vos jambes, protégez-le. Lorsqu’il se sentira en sécurité, il deviendra curieux et ressortira de sa cachette par lui-même. Il aura également compris qu’en cas de craintes vous êtes là pour l’aider. Vous pouvez présenter votre jeune chiot à des chiens adultes connus, en santé, bien avant qu’il n’ait terminé ses vaccins et puisse sortir au parc à chien.

Les chiots les plus vifs, téméraires, ne devraient parfois pas être admis à jouer avec d’autres jeunes chiots : si le chiot envahit sans arrêt et stresse les autres jeunes chiots, il serait préférable de le faire fréquenter des grands chiens adultes choisis et le rediriger à chaque fois qu’il stresse un congénère. Ceci permettra d’éviter qu’il ne grandisse en un « bully » canin qui s’amuse à intimider les plus jeunes, petits ou timides. Évidemment, cela évitera des mauvaises expériences au chiot plus réservé.
Un chiot trop fonceur devrait être régulièrement présenté à de grands chiens adultes un peu grognons mais bien équilibrés. On débutera par fatiguer le chiot (un bon jeu de tug par exemple) afin de l’aider avoir moins d’énergie débordante lors de la rencontre sociale. Un grand chien en bonne santé, calme et équilibré, sous supervision professionnelle de préférence, les aidera à comprendre que sauter sur les autres sans invitation n’est pas poli. Il risque au début de faire semblant que le chiot n’existe pas : un chiot plus poli comprendrait qu’il n’est pas invité. Si personne ne redirige le chiot, l’adulte pourrait émettre un jappe, un grognement et se tourner un peu vers le chiot. On ne voudra pas aller plus loin car une morsure ne sera pas une expérience constructive : le chiot pourrait apprendre à avoir peur des chiens tandis que le chien adulte pourrait finir par ne plus aimer les chiots. Inviter les chiens à marcher, rediriger le chiot sur un jouet et autre chose est conseillé. Occasionnellement, des chiens adultes seront trop timides, petits ou auront peur de réagir à cause d’un historique de punition pour se défendre des attaques d’un jeune chiot arrogant. Il s’agit alors d’intervenir rapidement et éloigner le chiot pour laisser souffler l’autre chien et lui éviter du stress.
Pour un chiot, deux règles sociales :
1 – surveiller ses fréquentations pour lui éviter les mauvaises expériences. On veut que le chiot apprenne qu’il est sécuritaire et plaisant de rencontrer des chiens petits et grands.
2- surveiller les  interactions et simplement l’éloigner s’il stresse un autre chien afin de ne pas le laisser pratiquer l’impolitesse.

La patience des grands ne dure pas. Au début de l’adolescence, quand le chiot commence à sentir différemment avec ses hormones à la hausse, les autres chiens changeront d’attitude envers lui. Ceci peut débuter environ entre 5 à 7 mois, dépendamment du développement de chaque individu : un peu avant les premières chaleurs de la femelle, un peu avant la patte levée pour faire pipi des mâles. La stérilisation peut modifier cela et est souvent recommandé pour les jeunes chiens intacts qui se font agresser facilement. Le jeune chien non stérilisé qui sent « provocateur », même avec un tempérament doux, peut apprendre à cette période que les autres chiens sont stressants et développer des peurs, réactions agressives etc. à leur égard. Si votre chien adolescent se fait trop corriger par les autres chiens, assurez-vous qu’il est poli (sinon, redirigez-le à répétition). Si il est poli et vous soupçonnez que simplement son « odeur d’ado » fait réagir les chiens, protégez votre jeune chien de mauvaises expériences afin de bâtir un individu confiant sans peurs. Évitez les parcs à chiens, les garderies canines jusqu’à à après la stérilisation et faites plus de rencontres avec des chiens choisis avec qui ça va bien.
Un adolescent en santé « teste » ses limites. Il commence à être plus conscient des enjeux, rapports entre individus, de la politique d’un groupe, il doit vérifier si les balises et règles fonctionnent vraiment toujours, s’il pourrait peut-être prendre certaines nouvelles libertés, et juste vérifier qu’arrive-t-il si il fait une telle chose ou réagit différemment d’avant. Il ne faut pas prendre le tout personnel et se sentir que « notre chien nous teste ». Le jeune chien en santé « questionne » à peu près tout est c’est très bien pour ses apprentissages et développement de maturité. Durant ce temps, on veut simplement continuer à le protéger des mauvaises expériences et l’empêcher de pratiquer des nouvelles idées qu’on n’approuve pas afin qu’ils ne s’installent pas en mauvaises habitudes. Dans la nature, chez beaucoup d’espèces sociales, la « portée » devenue adolescente s’intègre dans leur groupe familial original ou part se joindre à d’autres groupes ou fonde une nouvelle société. Le départ des certains jeunes est une bonne astuce de la nature pour s’assurer que les gènes se mélangent un peu. Il est donc naturel que les chiens adultes soient donc beaucoup moins tolérants envers les ados que les jeunes chiots. Ils s’attendent à de bonnes manières et du respect de la part de ces grands enfants et corrigent au besoin, plus rapidement et sévèrement, qu’avant. Il peut arriver, même si votre adolescent est poli, que certains chiens le supportent mal, l’achalent, et le chevauchent. Le mieux est de distraire tout le monde ou simplement s’éloigner avec votre chien. Il y aura des chiens plus nerveux que d’autres, alors pour éviter le trouble, la meilleure chose à faire sera de continuer son chemin. Il se peut aussi que certains jours les hormones de l’ado sentent si fort que ce dernier en devient « insultant » pour des chiens adultes. Si cela semble arriver trop souvent et commence à dégrader la qualité des interactions de votre jeune chien, la stérilisation aide énormément.
Il y a beaucoup de chiens qui vivent avec des douleurs chroniques non diagnostiqués ou des traumatismes : ils peuvent réagir fortement de manière défensive envers un jeune chien qui bouge beaucoup. Malheureusement, plein de chiens fréquentent des parcs à chiens malgré qu’ils détestent ça. Si vous les reconnaissez, simplement éloignez votre jeune actif d’eux.
Si tout a bien été durant les premiers mois de la vie du chiot, celui-ci a déjà appris à être poli avec les autres et se replacera vite avec les chiens qui le lui demandent. Si, par contre, un adolescent n’a pas encore assimilé le contrôle de ses impulsions et le respect, il risque de s’attirer du trouble. Avec nos races de chiens si modifiées, il devient parfois difficile de s’assurer que le jeune chiot apprenne ses leçons sociales. Par exemple les grandes races sont au début de l’adolescence déjà tellement grands que la plupart des chiens adultes qui tentent de les repousser en grognant ou mordant l’air ne l’impressionnent pas. Il s’agit alors de les aider ou bien de choisir des partenaires de jeu assez grands et « impressionnants » pour que le message ‘non, je n’ai pas envie de jouer maintenant’ soit compris sans devoir en arriver à une vraie morsure.

Vers l’âge de deux, trois ans, le chien devient un adulte mature socialement. Il s’assumera plus et ce sera son tour de demander du respect aux plus jeunes. S’il est équilibré et a confiance en lui, il sera doux avec les petits chiots et patient pour leur apprendre les bonnes manières. Il se peut qu’il n’aime plus vraiment jouer. Il se peut qu’il n’apprécie plus les visites au parc à chien. Il se peut qu’il y ait d’autres chiens qu’il supporte mal. Tout ceci est normal car à cet âge le chien est conscient de sa famille et son territoire. Et voilà qu’il doit chaque jour affronter des tas d’étrangers qui n’appartiennent ni à sa famille, ni à son groupe d’amis. Plus il a été socialisé avec un grand nombre de chiens, moins il y a de chances que cela arrive, mais ça demeure très possible. On lui impose toutefois de vivre dans nos villes remplies d’autres chiens. On peut lui apprendre à ignorer les chiens qu’il n’a pas le goût de rencontrer. Personnellement, je n’irai plus avec lui au parc à chien si cela n’est plus un plaisir pour lui. Ou peut-être lorsque c’est vide ou tranquille pour jouer à la balle. Il est bon d’avoir quelques amis canins qu’il aime bien ou du moins tolère pour aller se promener avec eux. Ceci répondra à son besoin de compagnie de son espèce. Plusieurs chiens en atteignant la maturité, entre un an et demi et trois ans, préfèrent la compagnie de quelques copains choisis et d’humains. Votre chien a le droit de ne plus aimer jouer avec des chiens étrangers : on lui demandera simplement d’ignorer ceux qu’il n’aime pas et on l’aidera en s’éloignant du chien qui le fatigue. Il sera plus heureux de simplement dire bonjour à certains canidés rencontrés et continuer son chien en reniflant les derniers « textos » laissés sur les poteaux. Par contre, il peut avoir raison de démontrer des comportements de menace ou de ce qu’on considère agressif  dans certaines circonstances :

Une situation très courante et peu comprise :

Dans un parc à chien un Labrador accourt vers un Husky qui lui grogne après. Les humains présents jettent un regard accusateur au propriétaire du Husky. Le Labrador saute partout avec une folle envie de jouer. La prochaine fois qu’il approche le Husky de dernier grogne, montre les dents puis donne un coup de dents dans la direction du Lab. Voilà que les humains présents sont horrifiés par cette « agressivité dans leur parc » et le propriétaire du Husky se sent très mal à l’aise ne sachant que faire. Peut-être qu’il corrigera son chien, peut-être qu’il partira du parc et craindra de revenir en se disant que son chien à la maison si gentil est devenu agressif. Il est pourtant opéré. Peut-être qu’il n’aime pas les autres mâles de toute façon? Le Labrador était si joyeux, gentil et ne voulait que jouer. Ce scénario n’arrive que trop souvent et ce n’est pas le bon candidat canin que l’on culpabilise, la plupart du temps.
Ce qui est simplement arrivé est que le jeune Labrador voulait jouer mais n’avait pas de bonnes manières. Il voulait jouer MAINTENANT et ne se gênait pas de venir accourir tout droit sur un chien inconnu, le bousculer, lui sauter dessus. Il ne grognait pas et ne montrait pas les dents donc, les gens présents n’ont perçu aucune agression de sa part. En plus, c’est un Labrador, une race si gentille, pleine d’énergie, qui a simplement besoin de jouer. C’est faux. C’est un jeune individu arrogant qui n’est pas poli. Il peut facilement irriter ou même faire peur à un chien plus timide ou tranquille. Cet Husky ne faisait que lui dire qu’il n’aime pas se faire bousculer et qu’il ne veut pas jouer. Le Labrador n’a pas tenu compte de cet avis et a continué à être envahissant et stressant. Le Husky a donc dû mettre les points sur les ‘i’ pour se faire entendre. Probablement que ce Labrador aurait continué encore et encore car il ne s’est jamais encore fait apprendre une règle primordiale canine : « on invite à jouer puis on attend une réponse avant de débuter le contact physique ». Le manque d’information à ce sujet fait en sorte que son propriétaire et la société le défendent assez bien de tous ces chiens ‘agressifs’ qui lui en veulent.

Il n’est pas poli pour un chien de sauter sur un autre sans invitation. Avec tous les toutous qui souffrent de dysplasie et autres maladies de nos jours, c’est étonnant que les chiens mal polis ne se fassent pas mordre plus souvent : ils causent beaucoup de douleur et stress avec leurs bousculades. Dans le cas du Labrador et Husky, il serait pratique de comprendre que le Labrador n’était pas poli. Avant que le Husky doive lui grogner après et « snapper » dans l’air, il a certainement fait des tentatives de communication tels détourner la tête, renifler à terre, éviter le Labrador. Si le Labrador aurait déjà acquis de la politesse, il aurait compris que le Husky n’est pas intéressé et aurait respecté son espace personnel. Un chien poli aurait même émis des signaux de paix et qui sait, réussi à donner l’envie au Husky de jouer?
Si on a un jeune chien impoli il est possible de lui apprendre à mieux dialoguer avec les autres chiens. Sur le coup, on peut simplement le rappeler, le rediriger vers un chien qui a envie de jouer ou nous-mêmes. On peut aussi intervenir au besoin en l’éloignant du Husky qui en sera soulagé. On veut que le Husky se fie sur ses humains pour l’aider dans ces situations difficiles : il n’aura pas à se rendre jusqu’à la morsure pour essayer de se défendre! On espère que le propriétaire du Husky est simplement parti et n’a pas corrigé son compagnon. Vous vous imaginez se faire chicaner ou punir car vous criez après un effronté qui vous fait tomber en vous bousculant dans l’autobus parce que lui, il s’amuse?

Aki, un jeune ado plein d’énergie a toujours envie de jouer, ce qui ne l’empêche pas d’être poli.

Un chien avec de la grâce sociale peut être jeune et vouloir jouer et sauter partout. Il peut le faire mais doit respecter l’espace personnel des autres chiens et ne pas l’envahir sans invitation. Aki, un jeune chiot Golden Retriever  a maintenant 7 mois, un vrai adolescent. Dès son jeune âge (3 mois), il s’est promené avec des chiens adultes équilibrés sans laisse, dans la forêt. Au début il sautait souvent sur eux mais se faisait ignorer, grogner après, presque mordre (feintes qui font partie de la communication canine), pincer légèrement au besoin lorsque les humains ne surveillaient pas suffisamment. Ses humains essayaient de surveiller de près et l’éloignaient s’il ne semblait comprendre le message avant d’avoir une escalade de conflit ou lorsqu’il stressait trop l’autre chien. Certains chiens ont besoin d’aide car ne comprennent pas rapidement et peuvent alors se faire mordre sérieusement – ce serait un traumatisme qui n’en fera pas des chiens socialement à l’aise. Il n’est pas nécessaire de laisser votre jeune ado exubérant se faire mordre au sang « afin de comprendre ». Ceci pourrait plutôt le rendre nerveux et créer d’autres problèmes, telles la réactivité et l’agressivité en plus de réellement stresser l’autre chien. Si votre ado est trop téméraire et ne réagit pas à des « corrections » douces des adultes, intervenez et simplement éloignez-le de l’autre chien lorsque celui-ci le lui demande. Vous pouvez le faire en pratiquant un bon « viens ! » ou, en attendant, simplement en allant le chercher doucement et calmement et l’éloignant sans le chicaner ou l’inquiéter. Essayez de trouver le chien qui sera assez grand et imposant, tout en étant calme et équilibré qui peut naturellement avoir facilement l’écoute de votre jeune. Certains individus de race géante sont excellents. Une jeune Husky que je connais qui était terriblement fatigante avec tous a finalement rencontré un énorme Terre-Neuve qui était tellement imposant, tout en restant très calme et n’étant surtout pas nerveux ou sur la défensive, qu’elle a soudainement compris le message lorsque ce chien l’a regardé de travers. Il a fallu par la suite que ses humains continuent à l’éloigner des chiens qui le lui demandaient mais elle avait commencé à décerner le message « non » plus facilement après cette rencontre.
Aki  a rapidement appris quand il peut bondir sur un copain et quand ce n’est pas désiré. Il est maintenant poli avec tous : si un vieux chien lui lance un regard froid il recule, s’il rencontre un autre jeune chien qui a envie de jouer, il joue, même très « durement » à l’occasion, mais il commence chaque rencontre par une demande, une invitation au jeu et il respecte un refus ou une demande d’arrêt. Les chiens polis se rencontrent doucement, lentement, prudemment, avec des signaux de politesse échangés, jusqu’à ce qu’ils se comprennent tous les deux. Aki serait aujourd’hui un jeune ado impoli comme tant d’autres, qui charge à la vue de chaque chien et leur exige ” joue avec moi maintenant! ” et risque de se faire mordre sérieusement un jour, si ses propriétaires avaient mal compris ce qui se passe les premières fois qu’un chien adulte lui a grogné après pour le faire reculer.
On voit ce problème d’impolitesse surtout chez les races plus grandes qui, jeunes, sont déjà plus grandes que la majorité des adultes qui essaient de leur communiquer la politesse. Les pires demeurent probablement les Goldens et les Labradors, parce que ces races ont la réputation d’être gentils, sociables et joueurs. Lorsqu’un jeune Pitbull de dix mois saute sur un chien adulte et se fait grogner après tout le monde s’inquiète, retire le Pitbull et va même jusqu’à se demander si le Pitbull est dangereux (même si souvent il était juste impoli). Lorsqu’un Golden saute sur un chien et se fait grogner après tout le monde saute sur le pauvre chien qui a grogné car cela ne se peut pas que le « gentil Golden » ait fait quoi que ce soit de mal. « Il veut juste jouer »… Pourtant, c’est bel et bien le Golden qui manque de politesse dans cette situation. La majorité du temps, lorsqu’un chien grogne, la « faute » est chez celui qui se fait grogner après. Un chien normal va débuter par des petits signes subtils tels détourner le regard, éviter le contact et seulement si ça ne fonctionne pas, escalader à grogner et montrer les dents. Un chien qui manque de savoir-vivre socialement ne prend pas le temps de reconnaître ces signaux ou les ignore simplement et contraint l’autre chien à escalader sa communication. Trop de bons chiens équilibrés se font chicaner, voir punir sévèrement pour avoir simplement demandé à un impoli de les laisser tranquille.
Mieux on lit le langage corporel des chiens, plus rapidement on peut s’apercevoir qui « dit » quoi et éloigner notre ado achalant avant que l’autre chien ne se rende jusqu’à lui montrer les dents ou protéger et éloigner notre chien qui commence à se sentir envahi par un chien moins poli, avant qu’il croit nécessaire de devoir « mettre les points sur les i » en grognant ou montrant des dents.
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Les chiens jouent de différentes façons. Parfois ils jouent à ‘Tag ‘, parfois ils se battent, parfois ils se roulent au sol dans un corps à corps accompagné de sons qui horrifient la plupart des humains. Certains chiens préfèrent une sorte de jeu, d’autres jouent de toutes les façons. Il semble avoir une tendance des Labradors, Danois, Boxers et Pitbulls de préférence pour se rouler à terre dans des corps à corps, tandis que des chiens plus délicats de leur corps comme les Huskies, Border Collies, Berger de Shetlands et autres favorisent la poursuite. Quand deux chiens qui aiment jouer de la même manière se rencontrent, ils ont beaucoup de plaisir. Des chiens très à l’aise socialement sont flexibles et semblent s’adapter à des compagnons de jeu très différents. Parfois un chien qui ne connaît que les corps à corps comme jeu fait peur à un chien plus délicat qui lui, ne joue qu’en courant. Selon leurs capacités sociales, ils s’arrangent, s’évitent, ou en viennent à un conflit qu’il vaut mieux simplement faire cesser et les disperser. Alors comment reconnaître si il y a besoin d’intervention?

Selon moi, les propriétaires sont mieux d’intervenir si :

-1) un des chiens ne répond pas aux signes de stress de l’autre (pour la liste des signes voir l’article Le Langage d’Amitié’) et continue comme si de rien était. Un conflit peut en résulter ou simplement trop d’anxiété de la part de celui qui est mal à l’aise. Il serait réconfortant pour lui de se faire sortir de la situation qu’il n’apprécie pas avant qu’il ne doive démontrer de l’hostilité pour se défendre. S’il doit toujours aller jusqu’à l’attaque pour se défendre, il risque bien de développer une agressivité non désirée.

– 2) s’il y a mésentente et un conflit qui s’envenime, il ne sert à rien de le laisser s’aggraver. Souvent, les chiens régleront leurs comptes sans blessures graves, mais il n’y a aucune garantie. Les propriétaires qui simplement rappellent leurs chiens et les distraient les protègent et leur enseignent d’éviter les conflits plutôt que de les alimenter.

-3) si notre chien s’engage dans une activité qu’on ne désire pas et qu’on ne veut pas qu’il pratique, de peur qu’il en prenne l’habitude. Par exemple, certains chiens chevauchent d’autres chiens durant les jeux. Certains les font par une anxiété généralisée, d’autres, nerveux, cherchent à immobiliser tout le monde, d’autres par simple excitation. On peut parfois les laisser faire à condition qu’’ils ne stressent pas l’autre chien, qu’ils ne semblent pas stresser et que le tout ne monte pas en intensité. En cas de doute ou, parce que beaucoup d’humains trouvent ce comportement indésirable, on peut donc interrompre son chien lorsqu’il le fait, lui changer un peu les idées, puis le laisser retourner jouer. Si le chien monte les autres chiens d’une manière raide et insistante, il s’agit probablement d’un symptôme de grand stress et il vaut mieux le retirer rapidement du contexte qui provoque chez lui ce comportement. La majorité de chiens qui grimpent sur les autres au parc sont très stressés ou beaucoup trop fatigués et il est sage d’observer les signes bien avant que le chien chevauche les autres et crée des conflits.

-4) si les chiens deviennent trop absorbés par le jeu qui grimpe en intensité. Certains chiens jouent bien mais à un certain moment on dirait qu’ils perdent contact avec la planète Terre et on n’est plus certains si c’est bien du jeu. Leur partenaire peut alors devenir inconfortable pendant que le premier chien continue aveuglement (on arrête alors à cause de la première règle). Parfois, le partenaire a le même problème et perd le contact aussi et le jeu devient trop intense. Il vaut mieux alors les séparer, donner un répit et les laisser retourner au jeu quand ils sont plus calmes. Des chiens qui jouent bien peuvent se « bagarrer » amicalement avec beaucoup d’intensité mais incluent des petites pauses régulières dans le jeu ce qui permet de freiner l’escalade d’intensité.
Comment reconnaître si deux chiens jouent ou si il y a conflit? Premier conseil, ne vous fiez pas aux bruits. Beaucoup de chiens émettent des sons terrifiants en jouant très bien, les attaques sérieuses sont souvent silencieuses. Pour se faire une idée il vaut mieux regarder les mouvements et la position de corps des chiens.

 un bonjour poli entre 2 chiens inconnus, le chien noir est un adolescent, le jaune adulte. L’approche n’est pas directe ni trop envahissante, les corps sont pleins de courbes, la queue plus basse et détendue du chien noir et une patte avant levée du chien adulte, tous des signes que tout va bien et les intentions sont pacifiques.

Le jeu est un jeu, donc les mouvements sont exagérés, sautillants, trop grands. Un chien qui chasse est concentré sur son objectif, ses mouvements sont rapides et efficaces. Un chien qui joue fait plein de mouvements superflus qui ne donnent rien, à part montrer qu’il joue. Deux chiens qui jouent bien s’arrêteront de temps en temps comme pour se dire ” on joue? “, ” on joue! “, puis reprendront de plus belle. Ils inverseront des rôles parfois : un poursuit l’autre, puis on échange. Si un plus fort joue avec un plus faible il fera exprès de l’attendre pour lui donner des chances. Un Danois sera mis à terre par un petit Épagneul, scénario peu probable s’il s’agissait d’un conflit. Dans les simili-bagarres les chiens garderont leur gueule grande ouverte, auront des corps détendus avec beaucoup de courbes. Un chien agressif sera tendu et efficace en comparaison.
En cas de doute, rappelez votre chien. Revient-il aisément? Sinon, il se peut qu’il ait été trop perturbé par l’autre chien ou que simplement votre rappel à besoin de pratique. Dans le deuxième cas, votre chien paraîtra content et souriant en arrêtant le jeu. Vous pouvez alors le laisser retourner jouer si l’autre chien semble toujours en avoir envie.
Dans notre société de parc à chiens, nous serons toujours exposés à des chiens agressifs, nerveux, déséquilibrés, hors contrôle. Parfois, leur maître ne sait pas comment les contrôler, parfois malheureusement il n’essaye même pas. C’est pourquoi je conseille à tout le monde de connaître son chien et de pratiquer un bon rappel. Avant d’entrer dans l’enclos avec votre chien, observez si tout semble bien s’y passer. En cas de doute, faites un tour en laisse, allez faire des jeux de nez dans le gazon, et revenez plus tard. Si vous êtes déjà dans le parc quand un chien qui semble causer des ennuis arrive, le plus simple est de rappeler votre chien et simplement sortir faire un tour en laisse et revenir plus tard. Pour le moment, on ne peut s’attendre à que tous les propriétaires soient renseignés ou responsables, mais on peut toujours protéger notre chien contre de fâcheuses expériences. En cas de doute, intervenez. On intervient joyeusement, calmement, sans disputer ou chicaner le chien (ce qui pourrait causer une augmentation d’un conflit car les chiens répondent à nos tensions). Au pire, vous avez intervenu « pour rien » et pourrez laisser votre toutou retourner s’amuser.
Pourquoi entend-on souvent qu’il vaut mieux ne pas intervenir et laisser les chiens s’arranger entre eux ? Probablement parce que certains ont peur de « brimer » le chien avec trop d’interventions. Je vous suggère de « les laisser s’arranger » avec autant de supervision que des enfants de 3 ans et intervenir rapidement. Pourquoi ?
1 – Parce que si votre chien a appris avec l’expérience qu’il doit s’arranger avec ses problèmes, bonne chance d’essayer ensuite d’avoir son attention durant des moments stressants. Vous devenez alors un dérangement qu’il essayera d’éviter, concentré sur son cas à régler.
Si, au contraire, vous reconnaissez lorsque votre chien devient mal à l’aise et allez « le sauver », votre chien vous rejoindra aisément en cas de problème et sera heureux de vous laisse le protéger…car laisser un chien régler ses problèmes tout seul n’est probablement pas une idée très sécuritaire !
2 – Pour éviter traumatismes et blessures. Deux chiens équilibrés risquent de régler leur différents sans verser de sang. Sauf qu’on n’a pas de garantie que tout se passera bien. Donc, pour éviter du stress chez les participants, de développer des mauvaises expériences qui peuvent rendre le chien plus nerveux et réactif dans le futur, ainsi que pour éviter des visites chez le vétérinaire, on intervient en cas de doute.
Faites simplement attention comment vous intervenez. En apprenant un joyeux rappel à votre chien, vous aurez le meilleur outil pour le faire. En attendant, intervenez calmement afin de ne pas créer plus de tension dans une situation qui dégénère ! Évitez de chicaner votre chien qui a mal agi et la prochaine fois, essayez de plutôt lui montrer comment agir (par exemple, j’apprends à mon chien que si un autre l’achale, viens me voir et je t’aiderai à t’en débarrasser ou à quitter le parc. Tu n’as pas besoin d’aller le mordre).
Pensez à une situation où vous surveillez un groupe de jeunes enfants qui jouent. Bien sûr vous les laisser interagir, discuter, argumenter. Cependant, vous êtes attentifs et à l’affût si un enfant commence à se sentir mal, a peur, abuse d’un autre. Vous vous en mêlez immédiatement et ceci aide à rassurer les enfants. Vous leur apprenez comment régler des conflits de façon adéquate et non violente. C’est très similaire comme scénario pour nos chiens. La différence est qu’il nous faut apprendre le langage des chiens afin de reconnaître avec justesse leurs états d’âmes et réactions.
Pour les décoder, voilà deux ressources :
https://coeurcanin.com/2019/11/05/le-langage-damitie/

http://en.turid-rugaas.no/calming-signals—the-art-of-survival.html

**Votre chien semble avoir des problèmes lors de rencontres ou en croisant des chiens dans la rue? On peut vous aider par consultations privées ou avec le webinaire en juin portant sur la Réactivité: https://coeurcanin.com/event/english-la-reactivite-canine-webinaire/ 

Bonnes sorties entre chiens,

Zuzanna(Zuzia) Kubica CDBC
Intervenante en comportement canin à CoeurCanin.com
Propriétaire de la Formation CoeurCanin pour intervenants en comportement animal
cofondatrice du Regroupement Québécois des Intervenants en Éducation Canine

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