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Article#3) La Politesse Inter-Canine: le savoir-vivre entre chiens
nos chiens sont des animaux sociables qui communiquent, jouent, se chicannent... Quand devrait-on s'inquièter? Comment reconnaître si notre chien joue ou se chamaille? Quand intervenir et comment?
 
Politesse Inter-Canine
le savoir-vivre entre chiens
 
   Nos sociétés sont remplies de règles et politesses qu'on nous apprend dès notre jeune âge. Nos chiens sont des animaux sociaux qui, comme nous, semblent bien avoir leur normes, lois et politesses. Il y a eu dans les dernières années des observations et études très utiles afin d’avancer nos connaissances du Langage Canin 101. Il semble bien que tous les chiens de la terre 'parlent' la même langue. Je vous invite à le connaître en vous référant aux articles gratuits de référence cités à la fin de ce texte. Connaître ce langage est primordial si on veut essayer de comprendre comment notre compagnon s'entend avec ses congénères et éviter des accidents. Souvent, on peut alors mieux saisir les motifs qui le poussent à avoir des réactions et comportements qui peuvent nous sembler agressifs, « dominants », nerveux… En utilisant la connaissance de son langage corporel, on peut mieux observer et répondre à des questions fréquentes telles : Les parcs à chiens sont-ils les bons endroits pour socialiser un chiot? Est-ce que ces deux chiens jouent ou se battent? A quel moment intervenir? Devrait-on intervenir??
 J’aimerais partager avec vous des notions utiles à ce sujet, tout en commençant au début : au développement social d'un chiot.
    Commençons par le développement social d'un chiot. Un bébé chiot se fait rarement corriger par les chiens adultes. Il peut occasionnellement se faire replacer lorsqu’il exagère : il s’agit souvent d’un apprentissage graduel, patient et doux qui ne ressemble en rien aux plaquages au sol encore recommandés par certains qui supposément tentent d’imiter la mère qui corrige un chiot.. La qualité pédagogique des mères varie chez le chien comme chez l’humain et les chiennes saines d’esprit, équilibrées avec un bon instinct maternel sont calmes et encadrantes avec leur chiots, sans violence et défoulement. Ce genre de discipline est mal reproduite par la plupart des humains. La mère intervient sans colère et elle apprend au chiot à se calmer, lire les messages de l’autre chien et acquérir des compétences sociales. Son ego ou sa position « hiérarchique » n’entre pas en jeu dans la pédagogie.  Beaucoup de chiens adultes jouent doucement avec les chiots, se laissent tirer les oreilles et mordiller, tout en se faisant peu menaçants pour les plus timides ; on a observé des adultes faignant de remarquer et se laisser voler leur jouet  ou os par un chiot plus timide, comme pour leur donner confiance en eux. Un grand chien s’handicape lorsqu’il joue avec un plus petit comme le faisait notre monocle préféré lorsqu’il se « bataillait » avec nous à cinq ans. On dirait bien qu'il existe une loi canine qui demande à chaque adulte équilibré d'être doux et patient avec un bébé chiot
(photo 1).
Igor et petit Mabou1) Igor et le petit Mabou : Igor est âgé et souffre d’arthrite ce qui rend douloureux les bondissements du chiot qui veut jouer. Igor préfère souvent s’éloigner ou se positionner hors portée de Mabou comme ici. Leurs humains veillent à ce qu’ils aient du plaisir ensemble sans que le chien âgé paie le prix de sa douceur.
Un chiot devrait, dès son jeune âge, être habitué à la présence d'autres chiens. Les cours de maternelle sont un des outils utilisés à cette fin, mais ils ne suffisent pas (en plus de devenir très dommageables si pas supervisées par un professionnel renseigné et compétant). Les chiots ont besoin d'être en contact avec des chiens adultes, et non uniquement d’autres chiots. Sinon, ils risquent de grandir en croyant que tous les chiens de la terre existent pour jouer avec eux et auront de la misère à comprendre les refus d’interactions pourtant courantes et normales que lui présenteront certains chiens.
   Le chiot et l’autre chien devraient être présentés dans un endroit spacieux où ils pourront se déplacer à l'aise, se cacher, se sauver, le tout sous surveillance. Un parc à chien peut être un bon endroit, mais je commencerais avec seulement quelques chiens plus tranquilles afin d’éviter un traumatisme. Une bonne habitude est de rester un peu à l'extérieur de l'enclos et d'observer les chiens à l'intérieur. Sont ils polis? Jouent-ils correctement ou l'un d'entre eux nous semble trop envahissant? En cas de doute, on peut toujours revenir plus tard. Il vaut mieux éviter des chiens agressifs ou surexcités surtout les premières fois afin de donner une chance au jeune chiot de prendre confiance. On peut commencer par des visites à la famille et aux amis qui ont des chiens équilibrés et en santé, les promener ou les laisser jouer dans la cour ensemble. Je suggère d’inviter le chien étranger dans notre cours chez le chiot plutôt que l’inverse car certains chiens adultes peuvent être plutôt territoriaux et sont plus agréables pour les congénères à l’extérieur. Lorsqu’on est incertains de ce que ça va donner comme rencontre, l’idéal est de prendre une marche dehors ensemble en laisse : choisir un endroit avec pleins d’odeurs intéressantes et laisser une distance au départ entre les deux chiens va les aider à s’habituer à la présence de l’autre sans la pression d’interagir directement.  Les odeurs en chemin aident à réduire encore plus la pression de la rencontre. Après avoir marché un derrière l’autre ou côte à côte dans la même direction pour une vingtaine de minutes, on peut souvent rapprocher les chiens un de l’autre sans problème.
  Que ce soit au parc ou lors de rencontres un à un, il est primordial de ne pas forcer le chiot à rencontrer s’il est timide. Le forcer ne fera que confirmer que ces interactions sont stressantes et pourrait apprendre au chiot que s’il a peur, vaut mieux attaquer que se cacher. Donc, si votre chiot se cache en dessous de la table ou derrière vos jambes, protégez-le. Lorsqu’il se sentira en sécurité, il deviendra curieux et ressortira de sa cachette par lui-même. Il aura également comprit qu’en cas de craintes vous êtes là pour l’aider. Vous pouvez présenter votre jeune chiot à des chiens adultes connus, en santé, bien avant qu’il n’ait terminé ses vaccins et puisse sortir au parc à chien.

   Les chiots les plus vifs, téméraires (parfois identifiés comme « dominants » malgré que le terme n’est pas vraiment approprié pour la circonstance. La définition réelle et scientifique de dominance varie largement des mythes qui circulent à ce sujet)  ne devraient parfois pas être admis à jouer avec des jeunes chiots : si le chiot envahit sans arrêt et stresse les autres jeunes chiots, il serait préférable de le faire fréquenter des grands chiens adultes choisis et le rediriger à chaque fois qu’il stresse un congénère. Ceci permettra d’éviter qu’il ne grandisse en un « bully » canin qui s’amuse à intimider les plus jeunes, petits ou timides.
 . Ce genre de chiot devrait être régulièrement présenté à de grands chiens adultes un peu grognons mais bien équilibrés. Ceux-ci, sous supervision professionnelle de préférence, surtout au début,  les aideront à comprendre que sauter sur les autres sans invitation n'est pas poli. Occasionnellement, des chiens adultes seront trop timides, petits ou auront peur de réagir à cause d’un historique de punition pour se défendre des attaques d'un jeune chiot arrogant. Il s'agit alors d’intervenir rapidement et éloigner le chiot pour laisser souffler l’autre chien et lui éviter du stress.
Pour un chiot, deux règles sociales :
1 - surveiller ses fréquentations pour lui éviter les mauvaises expériences. On veut que le chiot apprenne qu’il est sécuritaire et plaisant de rencontrer des chiens petits et grands.
2- surveiller les  interactions et simplement l’éloigner s’il stresse un autre chien afin de ne pas le laisser pratiquer l’impolitesse.

    La patience des grands ne dure pas. Au début de l'adolescence, quand le chiot commence à sentir différemment avec ses hormones à la hausse, les autres chiens changeront d'attitude envers lui. Ceci peut débuter environ entre 5 à 7 mois, dépendamment du développement de chaque individu (un peu avant les premières chaleurs de la femelle, un peu avant la patte levée pour faire pipi des mâles - la stérilisation peut modifier cela et est recommandé pour les jeunes chiens intacts qui se font agresser facilement. Le jeune chien non stérilisé qui sent « provocateur », même avec un tempérament doux, peut apprendre à cette période que les autres chiens sont stressants et développer des peurs, réactions agressives etc à leur égard. Continuez de protéger votre jeune chien de mauvaises expériences afin de bâtir un individu confiant sans peurs.  Malgré la stérilisation, l’adolescence et tout ce que cela apporte du côté comportemental arrivera tout de même).
 Un adolescent en santé « teste » ses limites. Il commence à être plus conscient des enjeux, rapports entre individus, de la politique d'une meute, il doit vérifier si les balises et règles fonctionnent vraiment toujours, s’il pourrait peut-être prendre certaines nouvelles libertés, et juste vérifier qu’arrive-t-il si il fait une telle chose ou réagit différemment d’avant. Il ne faut pas prendre le tout personnel et se sentir que « notre chien nous teste ». Le jeune chien en santé « questionne » à peu près tout est c’est très bien pour ses apprentissages et développement de maturité. Durant ce temps, on veut simplement continuer à le protéger des mauvaises expériences et l’empêcher de pratiquer des nouvelles idées qu’on n’approuve pas afin qu’ils ne s’installent pas en mauvaises habitudes. Dans la nature, la portée devenue adolescente s’intègre dans leur groupe familial original ou part se joindre à d’autres groupes ou fonde une nouvelle société. Le départ des certains jeunes est une bonne astuce de la nature pour s'assurer que les gènes se mélangent un peu. Il est donc naturel que les chiens adultes soient donc beaucoup moins tolérants envers les ados que les jeunes chiots. Ils s'attendent à de bonnes manières et à du respect de la part de ces grands enfants et corrigent au besoin, plus rapidement et sévèrement qu’avant. Il peut arriver, même si votre adolescent est poli, que certains chiens le supportent mal, l'achalent, et le chevauchent. Le mieux est de distraire tout le monde ou simplement s’éloigner avec votre chien. Il y aura des chiens plus nerveux que d'autres, alors pour éviter le trouble, la meilleure chose à faire est de continuer son chemin. Il se peut aussi que certains jours les hormones de l'ado sentent si fort que ce dernier en devient « insultant » pour des chiens adultes. Si cela semble arriver trop souvent et commence à dégrader la qualité des interactions de votre jeune chien, la stérilisation aide énormément.
   Si tout a bien été durant les premiers mois de la vie du chiot, celui-ci a déjà appris à être poli avec les autres et se replacera vite avec les chiens qui le lui demandent. Si, par contre, un adolescent n'a pas encore assimilé le contrôle de ses impulsions et le respect, il risque de s'attirer du trouble. Avec nos races de chiens si modifiées, il devient parfois difficile de s'assurer que le jeune chiot apprenne ses leçons sociales. Par exemple les grandes races sont au début de l'adolescence déjà tellement grands que la plupart des chiens adultes qui tentent de les repousser en grognant ou mordant l'air ne le impressionnent pas. Il s'agit alors de les aider ou bien de choisir des partenaires de jeu assez grands et « impressionnants » pour que le message 'non, je n'ai pas envie de jouer maintenant' soit compris sans devoir en arriver à une vraie morsure.

 Vers l'âge de deux, trois ans, le chien devient un adulte mature socialement. Il s'assumera plus et ce sera son tour de demander du respect aux plus jeune. S'il est équilibré et a confiance en lui, il sera doux avec les petits chiots et patient pour leur apprendre les bonnes manières. Il se peut qu'il n'aime plus vraiment jouer. Il se peut qu'il n'apprécie plus les visites au parc à chien. Il se peut qu'il y ait d'autres chiens qu'il supporte mal. Tout ceci est normal car à cet âge le chien est conscient de sa meute, de sa famille et son territoire. Et voila qu'il doit chaque jour affronter des tas de 'compétiteurs' qui n'appartiennent ni à sa famille, ni à sa meute. Plus il a été socialisé avec un grand nombre de chiens, moins il y a de chances que cela arrive, mais ça demeure très possible. On lui impose toutefois de vivre dans nos villes remplies d’autres chiens. On peut lui apprendre à ignorer les chiens qu’il n’a pas le goût de rencontrer. Personnellement, je n'irai plus avec lui au parc à chien si cela n’est plus un plaisir pour lui. Ou peut-être lorsque c'est vide ou tranquille pour jouer à la balle. Il est bon d'avoir quelques amis canins qu'il aime bien ou du moins tolère pour aller se promener avec eux. Ceci répondra à son besoin de compagnie de son espèce. Plusieurs chiens en atteignant la maturité, entre un an et demi et trois ans, préfèrent la compagnie de quelques copains choisis et d’humains. Votre chien a le droit de ne plus aimer jouer avec des chiens étrangers : on lui demandera simplement d’ignorer ceux qu’il n’aime pas et on l’aidera en s’éloignant du chien qui le fatigue. Il sera plus heureux de simplement dire bonjour à certains canidés rencontrés et continuer son chien en reniflant les derniers « textos » laissés sur les poteaux. Par contre, il peut avoir raison de démontrer des comportements de menace ou de ce qu’on considère agressif  dans certaines circonstances :

Une situation très courante et peu comprise :

   Dans un parc à chien un Labrador accourt vers un Husky qui lui grogne après. Les humains présents jettent un regard accusateur au propriétaire du Husky. Le Labrador saute partout avec une folle envie de jouer. La prochaine fois qu'il approche le Husky celui-ci grogne, montre les dents puis donne un coup de dents dans la direction du Lab. Voila que les humains présents sont horrifiés par cette « agressivité dans leur parc » et le propriétaire du Husky se sent très mal à l'aise ne sachant que faire. Peut-être qu'il corrigera son chien, peut-être qu'il partira du parc et craindra de revenir en se disant que son chien à la maison si gentil est devenu agressif. Il est pourtant opéré. Peut-être qu'il n'aime pas les autres mâles de toute façon? Le Labrador était si joyeux, gentil et ne voulait que jouer. Ce scénario n'arrive que trop souvent et ce n'est pas le bon candidat canin que l'on culpabilise, la plupart du temps.
Ce qui est arrivé simplement est que le jeune Labrador voulait jouer mais n'avait pas de bonnes manières. Il voulait jouer MAINTENANT et ne se gênait pas de venir accourir tout droit sur un chien inconnu, le bousculer, lui sauter dessus. Il ne grognait pas et ne montrait pas les dents donc, les gens présents n'ont perçu aucune agression de sa part. En plus, c'est un Labrador, une race si gentille, pleine d'énergie, qui a simplement besoin de jouer. C'est faux. C'est un jeune individu arrogant qui n'est pas poli  peut facilement irriter ou même faire peur à un chien plus timide ou tranquille. Cet Husky ne faisait que lui dire qu'il n'aime pas se faire bousculer et qu'il ne veut pas jouer. Le Labrador n'a pas tenu compte de cet avis et a continué à être envahissant et stressant. Le Husky a donc dû mettre les points sur les 'i' pour se faire entendre. Probablement que ce Labrador aurait continué encore et encore car il ne s'est jamais encore fait apprendre une règle primordiale canine : « on invite à jouer puis on attend une réponse avant de débuter le contact physique ». Le manque d’information à ce sujet fait en sorte que son propriétaire et la société le défendent assez bien de tous ces chiens 'agressifs' qui lui en veulent.

  Il n'est pas poli pour un chien de sauter sur un autre sans invitation. Avec tous les toutous qui souffrent de dysplasie et autres maladies de nos jours, c'est étonnant que les chiens mal polis ne se fassent pas mordre plus souvent : ils causent beaucoup de douleur et stress avec leurs bousculades. Dans le cas du Labrador et Husky, il serait intelligent de laisser le Labrador se faire communiquer par les grognements, claquements de dents, peut-être un pincement de dents (pas nécessaire d’aller plus loin !), puis intervenir au besoin en l’éloignant du Husky qui en sera soulagé. On espère que le propriétaire du Husky est simplement parti et n'a pas corrigé son compagnon. Vous vous  imaginez se faire chicaner ou punir car vous criez après un effronté qui vous fait tomber en vous bousculant dans l'autobus parce qu lui, il s’amuse?

2): Aki, un jeune ado plein d'énergie a toujours envie de jouer, ce qui ne l'empêche pas d'être poli.
  Un chien avec de la grâce sociale peut être jeune et vouloir jouer et sauter partout. Il peut le faire mais doit respecter l'espace personnel des autres chiens et ne pas l'envahir sans invitation. Aki, un jeune chiot Golden Retriever (photo2) a maintenant 7 mois, un vrai adolescent. Dès son jeune âge (3 mois), il s'est promené avec des chiens adultes équilibrés sans laisse, dans la forêt. Au début il sautait souvent sur eux mais se faisait ignorer, grogner après, presque mordre (feintes qui font partie de la communication canine), pincer  légèrement au besoin. Ses humains surveillaient de près et l’éloignaient s’il ne semblait comprendre le message avant d’avoir une escalade de conflit ou lorsqu’il stressait trop l’autre chien. Certains chiens ont besoin d’aide car ne comprennent pas rapidement et peuvent alors se faire mordre sérieusement - ce serait un traumatisme qui n’en fera pas des chiens socialement à l’aise. Il n’est pas nécessaire de laisser votre jeune ado exubérant se faire mordre au sang « afin de comprendre ». Ceci pourrait plutôt le rendre nerveux et créer d’autres problèmes, telles la réactivité et l’agressivité en plus de réellement stresser l’autre chien. Si votre ado est trop téméraire et ne réagit pas à des « corrections » des adultes, intervenez et simplement éloignez-le de l’autre chien lorsque celui-ci le lui demande. Vous pouvez le faire en  pratiquant un bon « viens ! » ou, en attendant, simplement en allant le chercher doucement et calmement et l’éloignant sans le chicaner ou l’inquiéter. Essayez de trouver le chien qui sera assez grand et imposant, tout en étant calme et équilibré qui peut naturellement avoir facilement l’écoute de votre jeune. Certains individus de race géante sont excellents. Une jeune Husky que je connais qui était terriblement achalante avec tous a finalement rencontré un énorme Terre-neuve qui était tellement imposant, tout en restant très calme et n’étant surtout pas nerveux ou sur la défensive, qu’elle a soudainement compris le message lorsque ce chien l’a regardé de travers. Il a fallu par la suite que ses humains continuent à l’éloigner des chiens qui le lui demandaient mais elle avait commencé à décerner le message « non » plus facilement après cette rencontre.
     Aki  a rapidement appris quand il peut bondir sur un copain et quand ce n'est pas désiré. Il est maintenant poli avec tous : si un vieux chien lui lance un regard froid il recule, si il rencontre un autre jeune chien qui a envie de jouer, il joue, même très « dur » à l’occasion, mais il commence chaque rencontre par une demande, une invitation au jeu et il respecte un refus ou une demande d’arrêt. Les chiens polis se rencontrent doucement, lentement, prudemment, avec des signaux de politesse échangés, jusqu'à ce qu'ils se comprennent tous les deux. Aki serait aujourd'hui un jeune ado impoli comme tant d'autres, qui charge à la vue de chaque chien et leur exige " joue avec moi maintenant! " et risque de se faire mordre sérieusement un jour, si ses propriétaires avaient mal compris ce qui se passe les premières fois qu’un chien adulte lui a grogné après pour le faire reculer et qu'ils l'auraient « protégé ».
On voit ce problème d’impolitesse surtout chez les races plus grandes qui, jeunes, sont déjà plus grandes que la majorité des adultes qui essaient de leur communiquer la politesse. Les pires demeurent probablement les Goldens et les Labradors, parce que ces races ont la réputation d’être gentils, sociables et joueurs. Lorsqu’un jeune Pitbull de dix mois saute sur un chien adulte et se fait grogner après tout le monde s’inquiète, retire le Pitbull et va même jusqu’à se demander si le Pitbull est dangereux (même si souvent il était juste impoli). Lorsqu’un Golden saute sur un chien et se fait grogner après tout le monde saute sur le pauvre chien qui a grogné car cela ne se peut pas que le « gentil Golden » ait fait quoi que ce soit de mal. « Il veut juste jouer »… Pourtant, c’est bel et bien le Golden qui manque de politesse dans cette situation. La majorité du temps, lorsqu’un chien grogne, la « faute » est chez celui qui se fait grogner après. Un chien normal va débuter par des petits signes subtils tels détourner le regard, éviter le contact et seulement si ça ne fonctionne pas, escalader à grogner et montrer les dents. Un chien qui manque de savoir vivre socialement ne reconnaît pas ces signaux ou les ignore simplement et contraint le premier chien à escalader sa communication. Trop de bons chiens équilibrés se font chicaner, voir punir séverment pour avoir simplement demandé à un impoli de les laisser tranquille.
  Mieux on lit le langage corporel des chiens, plus rapidement on peut s’apercevoir qui « dit » quoi et éloigner notre ado achalant avant que l’autre chien ne se rende jusqu’à lui montrer les dents ou protéger et éloigner notre chien qui commence à se sentir envahi par un chien moins poli, avant qu’il croit nécessaire de devoir « mettre les points sur les i » en grognant ou montrant des dents.
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   Les chiens jouent de différentes façons. Parfois ils jouent à 'Tag ', parfois ils se battent, parfois ils se roulent au sol dans un corps à corps accompagné de sons qui horrifient la plupart des humains. Certains chiens préfèrent une sorte de jeu, d'autres jouent de toutes les façons. Il semble avoir une tendance des Labradors, Danois, Boxers et Pitbulls de préférence pour se rouler à terre dans des corps à corps, tandis que des chiens de bergers comme les Huskies, Border Collies, Berger de Shetlands et autres favorisent la poursuite. Quand deux chiens qui aiment jouer de la même manière se rencontrent, ils ont beaucoup de plaisir. Des chiens très à l'aise socialement sont flexibles et semblent s'adapter à des compagnons de jeu très différents. Parfois un chien qui ne connaît que les corps à corps comme jeu fait peur à un chien plus délicat qui lui, ne joue qu'en courant. Selon leurs capacités sociales, ils s'arrangent, s'évitent, ou en viennent à un conflit qu'il vaut mieux simplement faire cesser et les disperser. Alors comment reconnaître si il y a besoin d'intervention?
Selon moi, les propriétaires sont mieux d'intervenir si :

-1) un des chiens ne répond pas aux signes de stress de l'autre (pour la liste des signes voir l'article 'Le Langage d'Amitié') et continue comme si de rien était. Un conflit peut en résulter ou simplement trop d'anxiété de la part de celui qui est mal à l'aise. Il serait réconfortant pour lui de se faire sortir de la situation qu'il n'apprécie pas avant qu'il ne doive démontrer de l'hostilité pour se défendre. Si il doit toujours aller jusqu'à l'attaque pour se défendre, il risque bien de développer une agressivité non désirée.

- 2) si il y a mésentente et un conflit qui s'envenime, il ne sert à rien de le laisser s'aggraver. Souvent, les chiens régleront leurs comptes sans blessures graves, mais il vaut mieux qu'ils ne prennent pas cette initiative souvent. Les propriétaires qui simplement rappellent leurs chiens et les distraient les protègent et leur enseignent d'éviter les conflits plutôt que des les alimenter.

-3) si notre chien s'engage dans une activité qu'on ne désire pas et qu'on ne veut pas qu'il pratique, de peur qu'il en prenne l'habitude. Par exemple, certains chiens chevauchent d'autres chiens durant les jeux. Certains les font par une anxiété généralisé, d’autres, insécures, cherchent à immobiliser tout le monde, d'autres par simple excitation. On peut les laisser faire à condition qu’'ils ne stressent pas l'autre chien. Par contre, en cas de doute ou, parce que beaucoup d'humains trouvent ce comportement indésirable, on peut donc interrompre son chien lorsqu'il le fait, lui changer un peu les idées, puis le laisser retourner jouer. Si le chien monte les autres chiens d’une manière raide et insistante, il s’agit probablement d’un symptôme de grand stress et il vaut mieux le retirer rapidement du contexte qui provoque chez lui ce comportement.

-4) si les chiens deviennent trop absorbés par le jeu qui grimpe en intensité. Certains chiens jouent bien mais à un certain moment on dirait qu'ils perdent contact avec la planète Terre et on n'est plus certains si c'est bien du jeu. Leur partenaire peut alors devenir inconfortable pendant que le premier chien continue aveuglement (on arrête alors à cause de la première règle). Parfois, le partenaire a le même problème et perd le contact aussi et le jeu devient trop intense. Il vaut mieux alors les séparer, donner un répit et les laisser retourner au jeu quand ils sont plus calmes. Des chiens qui jouent bien peuvent se « bagarrer » amicalement avec beaucoup d’intensité mais incluent des petites pauses régulières dans le jeu ce qui permet de freiner l’escalade d’intensité.
   Comment reconnaître si deux chiens jouent ou si il y a conflit? Premier conseil, ne vous fiez pas aux bruits. Beaucoup de chiens émettent des sons terrifiants en jouant très bien, les attaques sérieuses sont souvent silencieuses. Pour se faire une idée il vaut mieux regarder les mouvements et la position de corps des chiens.

3) un bonjour poli entre 2 chiens inconnus, le chien noir est un adolescent, le jaune adulte. L'approche n'est pas directe ni trop envahissante, les corps sont pleins de courbes, la queue plus basse et détendue du chien noir et une patte avant levée du chien adulte, tous des signes que tout va bien et les intentions sont pacifiques.
Le jeu est un jeu, donc les mouvements sont exagérés, sautillants, trop grands. Un chien qui chasse est concentré sur son objectif, ses mouvements sont rapides et efficaces. Un chien qui joue fait plein de mouvements superflus qui ne donnent rien, à part montrer qu'il joue. Deux chiens qui jouent bien s'arrêteront de temps en temps comme pour se dire " on joue? ", " on joue! ", puis reprendront de plus belle. Ils inverseront des rôles parfois : un poursuit l'autre, puis on échange. Si un plus fort joue avec un plus faible il fera exprès de l'attendre pour lui donner des chances. Un Danois sera mis à terre par un petit Épagneul, scénario peut probable s'il s'agissait d'un conflit. Dans les simili-bagarres les chiens garderont leur gueule grande ouverte, auront des corps détendus avec beaucoup de courbes. Un chien agressif sera tendu et efficace en comparaison.
   En cas de doute, rappelez votre chien. Revient-il aisément? Si non, il se peut qu'il ait été trop perturbé par l'autre chien ou que simplement votre rappel à besoin de pratique. Dans le deuxième cas, votre chien paraîtra content et souriant en arrêtant le jeu. Vous pouvez alors le laisser retourner jouer si l'autre chien semble toujours en avoir envie.
    Dans notre société de parc à chiens, nous serons toujours exposés à des chiens agressifs, nerveux, déséquilibrés, hors contrôle. Parfois, leur maître ne sait pas comment les contrôler, parfois malheureusement il n'essaye même pas. C'est pourquoi je conseille à tout le monde de connaître son chien et de pratiquer un bon rappel. Avant d'entrer dans l'enclos avec votre chien, observez si tout semble bien s'y passer. En cas de doute, faites un tour en laisse, allez jouer à la balle, et revenez plus tard. Si vous êtes déjà dans le parc quand un chien qui semble causer des ennuis arrive, le plus simple est de rappeler votre chien et le tenir loin de celui-ci ou simplement sortir faire un tour en laisse et revenir plus tard. Pour le moment, on ne peut s'attendre à que tous les propriétaires soient renseignés ou responsables, mais on peut toujours protéger notre chien contre de fâcheuses expériences. En cas de doute, intervenez. on intervient joyeusement, calmement, sans disputer ou chicaner le chien (ce qui pourrait causer une augmentation d’un conflit car les chiens répondent à nos tensions). Au pire, vous avez intervenu « pour rien » et pourrez laisser votre toutou retourner s’amuser.
  Pourquoi entend-on souvent qu’il vaut mieux ne pas intervenir et laisser les chiens s’arranger entre eux ? Probablement parce que certains ont peur de « brimer » le chien avec trop d’interventions. Par contre ce que je suggère est de oui, les laisser s’arranger mais intervenir dès qu’il y a matière à conflit. Pourquoi ?
1 - Parce que si votre chien a apprit avec l’expérience qu’il doit s’arranger avec ses problèmes, bonne chance d’essayer ensuite d,avoir son attention durant des moments stressants. Vous devenez alors un dérangement qu’il essayera d’éviter, concentré sur son cas à régler.
Si, au contraire, vous reconnaissez lorsque votre chien devient mal à l’aise et allez « le sauver », votre chien vous rejoindre aisément en cas de problème et sera heureux de vous laisse le protéger…car laisser un chien régler ses problèmes tout seul n’est probablement pas une idée très sécuritaire !
2 - Pour éviter traumatismes et blessures. Deux chiens équilibrés risquent de régler leur différents sans verser de sang. Sauf qu’on n’a pas de garantie que tout se passera bien. Donc, pour éviter du stress chez les participants, de développer des mauvaises expériences qui peuvent rendre el chien plus nerveux et réactif dans el futur, ainsi que pour éviter des visites chez le vétérinaire, on intervient en cas de doute.
   Faites simplement attention comment vous intervenez. En apprenant un joyeux rappel à votre chien, vous aurez le meilleur outil pour le faire. En attendant, intervenez calmement afin de ne pas créer plus de tension dans une situation qui dégénère ! Évitez de chicaner votre chien qui a mal agi et al prochaine fois essayez de plutôt lui montrer comment agir (par exemple, j’apprends à mon chien que si un autre l’achale, viens me voir et je t’aiderai à t’en débarrasser ou à quitter le parc. Tu n’as pas besoin d’aller le mordre).
Pensez à une situation où vous surveillez un groupe de jeunes enfants qui jouent. Bien sur vous els laisser interagir, discuter, argumenter. Cependant, vous êtes attentifs et à l’affût si un enfant commence à se sentir mal, a peur, abuse d’un  autre. Vous vous en mêlez immédiatement et ceci aide à rassurer les enfants. C’est pas mal le même scénario pour nos chiens. La différence est qu’il nous faut apprendre le langage des chiens afin de reconnaître avec justesse leurs états d’âmes et réactions.
 Pour les décoder, voilà deux ressources :

En Français : Le Langage d’Amitié : http://coeurcanin.com/article1.htm
En Anglais, de la fameuse Turid Rugaas qui a tant étudié leur langage :
 http://en.turid-rugaas.no/calming-signals-photos.html


 Bonnes sorties entre chiens,

Zuzanna Kubica, CoeurCanin.com

 
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